Le ski de montagne

Pour échapper à la vie trépidante des villes, fuir le bruit quotidien d'une civilisation moderne et éviter les effets nocifs d'une pollution envahissante, l'homme a la possibilité de s'évader en pleine nature, en parcourant la montagne à ski.

Son besoin d'aventure peut s’épancher librement dans les hautes vallées ou sur les immenses plateaux enneigés, voire même au milieu d'impressionnants glaciers. Le skieur de montagne en parcourant celle-ci, aura tout le loisir d'admirer la beauté d'un site ou la splendeur d'un paysage.

Le raid à ski en traversée est certainement ce qu'il y a de plus beau et de plus excitant dans le ski de montagne. Le ski de raid rêve d'explorer un monde mystérieux, chaque traversée ou chaque passage de col, lui apporte la joie de la découverte.

Quelle intense satisfaction que la conquête, au passage, d'un sommet magnifique, offrant à ses yeux un spectacle inépuisable! Quel bonheur suprême que celui de contempler, au terme d'une longue descente, les premiers pins, la vieille cabane de berger et de déchausser ses skis au milieu d'une prairie parsemée de fleurs multicolores.

L'amour du cadre dans lequel le skieur progresse, l'attrait de cette magnifique aventure, développe en lui le goût de l'effort, qui, soigneusement dosé, permet d'atteindre le sommet ; puis, les joies de la descente ne sont pas négligeables car l'un des principaux attraits du ski de montagne est de pouvoir évoluer en toutes neiges en décrivant sa trace au gré de sa fantaisie.

Roger Granoux, Club Alpin Français Raids à ski, Paris, auto-édition Roger Granoux, 1971.

LE GUIDE MATHÉO JACQUEMOUD, CONTAMINES MONTJOIE (HAUTE-SAVOIE, FRANCE). PHOTO : JULIEN LACROIX

LE GUIDE MATHÉO JACQUEMOUD, CONTAMINES MONTJOIE (HAUTE-SAVOIE, FRANCE). PHOTO : JULIEN LACROIX

Définition de l'alpiniste

L’ALPINISTE exige des moyens physiques importants, force, adresse, résistance. Mais ceux-ci ne vaudront rien, ou peu de chose, si l’alpiniste n’a pas encore de tête (on dit souvent qu’un bon coureur court avec sa tête).

La tête c’est-à-dire:

- la passion de la montagne, la foi qui est plutôt nécessaire avant la course.

- pendant la course, une volonté tenace et réfléchie, et pas seulement un enthousiasme momentané.

- le désir d’apprendre, c’est-à-dire non seulement l’envie de faire une course, mais l’intention bien arrêtée de devenir un alpiniste.
Par la “tête”, les moyens physiques seront au service de la volonté pour acquérir la technique.

La technique en montagne veut surtout dire : économie de force, et par conséquent de fatigue, augmentation de la sécurité et plaisir.

La technique est indispensable pour contrer le danger. D’ailleurs, s’il aime et recherche la difficulté, l’alpiniste, tout au moins le Français, évite le danger.

Le danger vient troubler son plaisir, il lui inspire même une “sainte horreur”. C’est tellement stupide de risquer sa vie sans raison majeure! L’alpinsite français n’est pas un bourgeois qui aime se chauffer au coin du feu, il est alpiniste, il est reconnaissant envers la montagne qu’elle ne se livre pas sans lutte. Quand arrive l’été, il sent un besoin urgent de quitter la ville mouvementée, il lui est nécessaire de fuir la civilisation pour voir la nature et, ensuite, peiner, suer, se fatiguer au sein d’un cadre simple en sa grandeur, car l’alpiniste tire sa joie de l’effort, ce qui - entre parenthèse - parait bien démodé au vingtième siècle.

Mais ses efforts sont conscients, et s’il aime la difficulté, il ne recherche pas le danger, tout au plus il accepte certains risques de danger quand il ne peut faire autrement.

L’escalade de tel passage lui déplait, en ce qu’elle a, non pas de difficile, mais de dangereux, et presque d’indépendant de lui lui-même. Il aime les passages délicats - même ceux où il doit s’employer à fond, et alors autant il lui est formidablement agréable, dans son for intérieur, de se sentir sûr, autant il lui est pénible d’aller au-dessus de ses moyens, de risquer, de braver un danger alpin. On a trop souvent considéré l’alpinisme actuel comme de la voltige plus ou moins consciente où le plaisir est fonction des risques. Pourtant, parfois l’alpiniste est obligé d’accepter certains risques : mauvais temps plus ou moins imprévisible, arrivant rapidement, prise qui cède bien qu’elle ait été essayée, couloir exposé aux chutes de pierres et qu’il faut rapidement traverser, pont de neige fondant et qu’il faut absolument franchir, passage qu’il estime trop difficile pour ses moyens et qu’il doit pourtant gravir pour certains raisons ; il est alors secoué par un frisson bien trop désagréable pour qu’il le recherche et le cultive.

En un mot, il n’éprouve aucun plaisir à passer autrement qu’en sécurité et parfois il préférera renoncer.

Il n’est pas question d’être peureux, l’alpiniste a un certain courage, parfois une certaine audace, mais ce courage, cette audace sont toujours pesés et réfléchis. Il évalue la difficulté d’une part, sa forme, ses moyens d’autre part, fait le rapport et estime s’il y a danger ou s’il peut passer en sécurité.

Encore faut-il très bien se connaître.

Gaston Rébuffat, L’apprenti montagnard, Paris, éditions Vasco, 1946.

L'ALPINISTE MATHÉO JACQUEMOUD DANS LES AIGUILLES D'ENTREVES, CHAMONIX (HAUTE-SAVOIE, FRANCE). PHOTO : JULIEN LACROIX

L'ALPINISTE MATHÉO JACQUEMOUD DANS LES AIGUILLES D'ENTREVES, CHAMONIX (HAUTE-SAVOIE, FRANCE). PHOTO : JULIEN LACROIX

La leçon des cimes

À côté de la montagne qui guérit, il y a la montagne qui tue. Chaque année, les journaux relatent quelques tragiques accidents qui ont coûté la vie à des alpinistes. Sans doute, le nombre de ces accidents est-il minime en comparaison de celui des visiteurs de nos Alpes. Il est encore beaucoup trop grand. Il faut que l’on sache bien que si on l’aborde étourdiment, la montagne est une chose dangereuse. Ce danger ajoute à son prestige et à sa beauté. Ce qui ne se conquiert qu’avec un risque prend une valeur particulière et c’est en montagne que la formule de Nietzsche : “Vivre dangereusement” acquiert sa juste signification. Mais il importe de laisser le moins de chance possible au risque.

En face des cimes, l’homme doit comprendre sa petitesse. D’un tête à tête de quelques heures avec tel ou tel sommet, il doit tirer une salutaire leçon d’humilité. Et c’est fort de cette juste conscience de sa faiblesse qu’il pourra se préparer à aborder celle qui prodigue tous ses charmes à ceux qui s’en sont rendus dignes, mais broie impitoyablement les imprudents qui tentent de la conquérir sans une longue préparation.

La montagne est une femme, et point femme de peu ; c’est une grande dame qui parfois donne son pied ou le bout de ses doigts à baiser à un quelconque indifférent ; mais ses amants, elle les choisit de mille épreuves, après s’être fait longtemps courtiser, et lorsqu'elle les sent dignes d’elle. Et même parmi ceux-là, certains jours de caprice, ou parce qu’elle les aura trouvés trop téméraires, elle n’hésitera pas à choisir une victime. [...]

Après avoir contemplé le visage altier des pics, après s’être recueilli sur les tombes des victimes de la montagne, il faut se tourner vers les anciens, vers les maîtres, les premiers pionniers des Alpes, les Balmat, du Mont Blanc ; les Duhamel, des Écrins ; les Castelnau, de la Meije ; les Whymper, les Coolidge, pour comprendre que l’art de l’alpinisme est, lui aussi, une longue patience!

D’ailleurs, il est des hommes qui sont là comme des témoins de ce passé, comme les conseillers de cette jeunesse ardente qu’exalte la splendeur des sommets. Ce sont des guides dauphinois ou savoyards, qu’un long contact avec la montagne, avec ses dangers, ses beautés, mais aussi ses humeurs fantasques, rend aptes à tous les conseils et à tous les encouragements.

Il y a des vertiges des cimes comme il y a des vertiges des abîmes. À contempler quotidiennement et pendant des heures un sommet, on comprend que celui-ci puisse exercer une fascination capable de faire oublier les plus simples règles de prudence. Cette exaltation de l’être en face de quelque pic n’est pas un des moindres mystères de notre région. Si elle s’exerce sur des esprits trop impulsifs, sur des corps mal entraînés, ce peut être un terrible danger. Si au contraire cet appel secret est entendu par des êtres sainement équilibrés, aux muscles souples et robustes, il y a là un merveilleux moyen de développement, une admirable source d’épanouissement par la joie de plus être de la glorification de l’effort.

Parmi tant de jeunes de chez nous qui ont fait de la montagne la grande amie vers laquelle ils s’élancent chaque dimanche ou chaque jour de congé, il s’en trouve une quantité qui se sont découverts eux-mêmes au contact de nos rocs et de nos glaces. En dehors de la bonne fatigue d’un travail musculaire en plein air, en dehors du lyrisme intérieur qu’éveille chez les âmes les plus simples la splendeur silencieuse des cimes, il y a dans la montagne une parfaite éducatrice morale. C’est à son école que s’apprennent l’énergie, la persévérance, la sobriété. C’est grâce à elle que se développent la volonté, l’esprit de décision, le sens de la discipline et de la solidarité. [...]

À une époque où tant de veuleries se rencontrent à tous les pas, ce que beaucoup de jeunes aiment dans la montagne, c’est qu'elle est une grande inspiratrice de courage. L’histoire de l’alpinisme est pleine de ces exemples de grandeur d’âme. C’est la tragique épopée de Capdepont ramenant du col des Écrins sa sœur mortellement blessée, se brisant les jambes dans une nouvelle chute, et se traînant pendant près de vingt-quatre heures, malgré sa souffrance, pour aller chercher du secours. C’est Boileau de Castelnau et le guide Gaspard, passant la nuit agrippés à une étroite corniche, dont la pente les entraînait insensiblement vers l'abîme, et luttant contre la fatigue et le sommeil pour attendre l’aube au pied de la grande muraille de cette Meije qu’ils vont conquérir le lendemain. C’est Jean Balmat, couchant quatre nuits seul en montagne, malgré la tourmente, pour trouver la voie d’accès et la cime du Mont Blanc.

Et il faudrait pouvoir raconter par le menu tous les actes d’héroïsme et d’obscur dévouement accomplis par ces équipes volontaires de sauveteurs qui, chaque année, au risque de leur vie, sont prêts, au premier appel de détresse, à se lancer au secours des alpinistes en péril, fouillant sans relâche les replis des monts en dépit du mauvais temps pour arracher parfois un simple cadavre au grand linceul de la neige.

Le courage ne doit pourtant pas être la témérité. Les vrais alpinistes, pour avoir mesuré maintes fois le danger, le savent parfaitement. Et c’est en enseignant cette totale possession de soi que la montagne achève sa tâche d’éducatrice.

Antoine Chollier, Ceux de l’Alpe, Paris, éditions des horizons de France, 1937.

Aiguille de bionnassay depuis tête rousse, SAINT-Gervais (haute-savoie, france). Photo : julien lacroix

Aiguille de bionnassay depuis tête rousse, SAINT-Gervais (haute-savoie, france). Photo : julien lacroix

Raid à ski dans le massif du Grand Paradis, Italie.

Cinq jours de randonnée à l'assaut du plus haut sommet du massif du Grand Paradis : 4061 m.

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PHOTOGRAPHIES : JULIEN LACROIX

PHOTOGRAPHIES : JULIEN LACROIX

Le tour du Gran Paradiso présente tous les attraits d’un grand raid à ski. L’aspect sauvage des lieux, des étapes avec plus de 1000 m de dénivelé positif, l’hospitalité des refuges italiens alliés à l’ascension d’un 4000 confère à ce voyage dans les Alpes un caractère incontournable.Comme le disait l’alpiniste Gaston Rébuffat : “À 4000 mètres, l’air a une saveur particulière…”

J’ai réalisé ce raid à ski durant 5 jours avec Gilles Fleury, guide de haute montagne à Chamonix, mais aussi Eline, Quentin et Tristan comme compagnons de cordée. Ces quelques jours sont l’occasion pour nous, camarades de course, de nous découvrir, de vivre au rythme de la montagne, et de traverser des lieux sauvages à la fois beaux et hostiles tout en jouissant de magnifiques descentes, véritable récompense du skieur de randonnée.

L’accueil et la convivialité des refuges valdôtains pendant les haltes nous ont vite fait oublier la fatigue de la journée. Parcourir la montagne au printemps, après cet hiver de légende, nous rend heureux. Avec les levers matinaux, les efforts pour monter, le plaisir de descendre et les siestes d’après-ski, on finit par se déconnecter et se ressourcer pleinement.

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Même si l’ascension du Gran Paradiso ne présente pas de grandes difficultés techniques, l’altitude, le ski sur glacier et le franchissement de certains passages contribuent à faire de cet itinéraire un objectif sérieux. Ce raid demande donc, ajouté aux qualités techniques nécessaires à l’évolution en toutes neiges avec un sac à dos de 10 à 12 kg, une bonne endurance physique.

D’abord grande réserve royale créée par le roi Victor-Emmanuel II en 1856, le parc National du Grand Paradis a été créé en 1922, entre autre, pour sauver la dernière colonie de bouquetins des Alpes. Il englobe les vallées de Cogne, de Valsavarenche et de Rhêmes ainsi que le val d’Orco et le val Sana dans le Piémont. C’est un fantastique belvédère sur les plus hauts sommets des massifs de la Vanoise, du Mont-Blanc et du Cervin. En Val d’Aoste, il est appelé aussi “Grande paroi” ou “Mont Iseran”, tandis qu’au Piémont il est connu sous le nom de “Monte del broglio”.

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Jour 1

Après avoir quitté Chamonix, nous arrivons au départ de notre raid à ski au lieu-dit Pravieux à 1834 m d’altitude. Cette contrée sauvage valdôtaine de Valsavarenche est une vallée latérale du Val d’Aoste, dans les Alpes grées italiennes. Après une vérification de notre matériel de ski de randonnée, d’alpinisme et de sécurité, nous fixons les “peaux de phoque” pour débuter notre ascension dans la forêt de mélèzes. La trace raide dans le bois laisse place peu à peu à des pentes plus larges, tandis que nous atteignons l’alpage de Lavassey et ses vieilles bâtisses.

Après avoir traversé la Costa Savolera, nous arrivons au refuge Federico Chabod. Le refuge, inauguré en 1985, est situé à 2750 mètres d’altitude au pied de la paroi Nord Ouest du Gran Paradiso. C’est l’occasion pour nous de découvrir ce magnifique sommet avec cette année une face Nord entièrement en glace. L’après-midi est consacré à des exercices de sécurité enseignés par notre guide Gilles et notamment les techniques de recherche ARVA (Appareil de recherche de victime d’avalanche). Les avalanches constituent le danger essentiel de la haute montagne hivernale, il est donc essentiel de maîtriser les bases de ces techniques.

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Jour 2

Le réveil sonne à 6h30 pour l’étape clé du raid. L’ascension sous le versant Nord Ouest du Gran Paradiso nous conduira au sommet de la Madonne à 4058 mètres d’altitude. Départ à 7h30 sous les premières lueurs du jour en direction de l’ancienne moraine des glaciers de Montandayné et de Laveciau. Nous poursuivons la montée en direction du centre du glacier de Laveciau dans une petite vallée glaciaire crevassée et délimitée à gauche par la face Nord du Gran Paradiso et à droite par la Schiena d’Asino.

Nous gagnons ensuite le Col de Becca di Moncorvé à 3851 mètres d’altitude. A quelques dizaines de mètre du sommet rocheux, nous ôtons les skis pour les crampons. Encordés, nous atteignons le sommet traditionnel de la Madonne. Le vrai sommet se situe le long de l’arête un peu plus au nord à 4061 mètres. Quelle belle satisfaction d’avoir gravi ce splendide sommet de 4000m, le plus haut situé entièrement en Italie!

Très vite le temps se dégrade et le début de la descente s’effectue dans un épais brouillard, la belle fenêtre météo annoncée est terminée. La mauvaise visibilité nous demande la plus grande prudence car nous skions sur un glacier. La descente par l’autre versant sur le glacier de Gran Paradiso nous conduit directement au refuge Vittorio Emanuele II. C’est parti pour 2000 mètres de descente soutenue et glaciaire !

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Jour 3

Réveil 6h30. La nuit a été mouvementée, je n’ai quasiment pas dormi. Le vent violent faisait siffler les toiles du refuge.  Après un bon petit déjeuner, nous partons en direction du col du Gran Paradiso à 3 345 mètres. La montée avec les crampons est assez éprouvante. Je manque de sommeil. Les rafales de vent sont violentes et soudaines. La progression de la cordée doit être régulière et c’est Gilles, le plus expérimenté, qui donne le rythme. Pas question de faire une pause ici.

En haut, nous basculons dans la région du Piémont. Du col, nous traversons en légère montée jusqu’à la croupe du glacier di Noaschetta occidentale. Une belle descente s’offre à nous passant près du bivouac Ivrea dans un espace isolé et sauvage : la Punta Ceresole. Nous enchaînons avec une nnouvelle montée en direction du col dei Becchi à 2 990 mètres d’altitude puis ôtons les peaux pour descendre en direction du refuge Pontese. Nous passons la nuit au refuge Pontese situé à l’entrée du magnifique cirque de Piantonetto après s’être réchauffés avec des pâtes à l’arrabiata et du risotto maison.

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Jour 4

Depuis le refuge Pontese nous partons à 7h30 au Nord en direction des bergeries Muanda di Teleccio pour monter un couloir assez raide et atteindre le glacier di Teleccio. Nous continuons sur le glacier en visant le col di Teleccio au nord sous l’imposante Torre del Gran San Pietro, culminant à 3 692 mètres. Nous atteignons ensuite le col par une courte montée à 37°, skis sur le dos, et enchaînons sur une superbe descente dans une neige de rêve sur le glacier di Valeille. Du grand ski de montagne !

Nous traversons plusieurs coulées d’avalanches impressionnantes. Les arbres et quelques bouquetins n’ont pas pu résister à cette furie. Nous atteignons finalement le petit village de Lillaz et ses fameuses cascades de glace. On prend une pause déjeuner bien méritée avec une belle assiette de Gnocchi di Castagne !

Nous quittons Lillaz pour Cogne, commune italienne de la vallée d’Aoste, puis l’hôtel de la Barme à Valnontey où nous passons la nuit. Dès notre arrivée à Valnontey, nous en profitons pour acheter du fromage local la Fontine à la ferme du Grand Paradis. Ce fromage de vache à texture demi-dure est un pur produit d’ici.

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Jour 5

On part de l’hôtel de la Barme en remontant le grand vallon de Valnontey avec la Testa delle Tribolazione en toile de fond culminant à 3 642 m. L’objectif du jour est de rejoindre le bivouac Martinotti situé à 2 588 m, mais l’arrivée du mauvais temps nous oblige à faire demi-tour. Après une pause saucisson à 2 333 m d’altitude, nous entamons la descente pour rejoindre le fond du vallon.

Notre aventure s’achève. Ensemble nous avons sué dans les montées, le soleil nous a réchauffés, nous avons partagé des moments vrais et intenses. Nous jetons un dernier regard sur les portes du Grand Paradis. Pour éviter l’émotion, nous lançons des projets pour le printemps prochain. Le raid à ski est une expérience unique. Gilles, en bon guide chamoniard nous a portés vers cet art du déplacement en haute montagne. La saison hivernale est terminée pour moi : “Arvi” chères montagnes!

Julien Lacroix, Avril 2018.

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